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Introduction

e quartier de Metz est un hameau de BEURE. Il se situe à proximité du centre dans le creux de coteaux assez escarpés dominés par le Bois de Peu et la Côte d’Arguel.

Mieux connu sous le nom de « Bout du Monde », le quartier est accessible depuis la rue de Besançon, dans le virage, au carrefour au niveau du Musée Lucien Roy.

Le quartier a gardé une certaine authenticité, sûrement en raison de son enclavement et de son exposition peu favorable.

Le Bout du Monde a été un lieu de promenade pour les Bisontins avec sa cascade, chute d’eau de 70 m. Ses coteaux les mieux exposés ont permis la culture de vignes jusqu’au début du XXe siècle.

Le quartier possède un patrimoine naturel et architectural remarquable. La présence de l’eau à travers les ruisseaux des Mercureaux et Pisseure, ainsi que des sources et la cascade du Bout du Monde, son petit patrimoine (lavoir, boulangerie, chapelle), le réseau de ruelles et de chemin, sont les atouts majeurs de ce lieu relativement préservé.

Les travaux ont permis de mettre en avant la présence de l’eau dans le quartier. La voie a reçu un nouveau traitement avec des parties en pierre et des parties en résine. La tradition viticole et horticole colorent encore ce paysage qui reste très proche de la nature.

Plan du circuit du Quartier de Metz

Cette nuit j’ai fait un rêve…

e rencontre trois castors dans les rues de BEURE. Je les suis rue de l’Etang. J’entends des indiens qui poursuivent un cow-boy, des coups de feux, je longe le premier cinéma du village, le film Buffalo Bill y est projeté.

Château de Metz (photo d’époque) – Le jardin du château entièrement recouvert de plantations maraîchères qui alimentaient le marché de Besançon

Les trois castors passent le petit pont. J’aperçois le château de Metz, derrière lui au loin les rochers du Bout du Monde.

Bout du monde (photo d’époque) – Restaurant et guinguette jusque dans les année 50 !

e suis ébloui par le soleil qui reflète sur les châssis vitrés sous lesquels poussent salades, radis, etc …, le grand jardin de la propriété est entièrement cultivé.

Je retrouve les trois castors sur le sentier qui longe « les Prés Derniers » dénommés ainsi puisque situés à l’hivernage, ils sont les derniers du village à voir éclore quelques fleurs des prés ; quelques vaches y sont en pâture (actuellement la partie boisée à droite du sentier).

J’aperçois le coteau sous la plaine de Peu. Une animation inhabituelle s’y déroule. Les vendanges commencent. Les femmes et les enfants accroupis dans les palières de vignes cueillent les grappes de raisin. Les hommes font les voyages à travers les sentiers, depuis le chemin de Maillot jusqu’en haut de la colline, avec leurs hottes en bois dans lesquelles ils transportent les raisins. Malgré le poids de leur fardeau, ils se redressent fiers de leur récolte. Le cheval très passif les attend sur le chemin avec sur sa charrette un grand cuveau dans lequel les hottes sont versées.

Côte de Maillot (photo d’époque) – Les coteaux étaient recouverts de vignes jusqu’à la crête de la colline.

Les trois castors continuent leur chemin sur la droite au bas de la rue de la Pisseure. J’entends des éclats de rire et des voix de femmes. Autour du lavoir quelques ménagères du quartier font la lessive de la semaine. Dans une bonne ambiance, les plus aisées frottent le linge sur des planches à laver avec de gros savons, les autres avec de la cendre de bois qu’elles saupoudrent sur le linge.

Les langues se délient dans ce lieu singulier, toutes les nouvelles du village sont passées en revue, peut-être aussi quelques histoires intimes « si le lavoir pouvait nous raconter tout ce qu’il a entendu !!! … ». Le silence se fait à l’approche du boulanger qui vient chercher à la fontaine l’eau nécessaire à la réalisation de son pain.

Le lavoir (photo d’une toile d’époque) – « si le lavoir pouvait nous raconter tout ce qu’il a entendu !!! … ». Regardez bien la photo, on devine la source sous la petite voûte.)

Les trois castors se reposent à l’intersection des ruisseaux de la Pisseur et du Mercureaux. Vers l’alambic, des hommes rendent visite au distillateur. Les verres s’entrechoquent, la dégustation va bon train. Le marc, la prune, la poire, le kirch sont savourés sans modération. Ce soir ce sera « la soupe à la grimace » …

Ayant refusé avec regret la dégustation offerte, je reprends mon chemin. Je fais une courte halte devant la porte de la « Chapelle », et me plie à l’indication gravée sur le linteau. Au carrefour plus haut, les trois castors hésitent. De jeunes enfants descendent à travers un pré escarpé avec des bidons de lait. Ils reviennent d’ARGUEL, ils sont allés à la ferme faire provision de lait, beurre, fromages et œufs.

Guidé par le bruit d’une cascade je traverse sur un petit pont de bois. A travers les arbres une cascade à plusieurs étages ruisselle du haut de la colline, « la cascade de la Pisseur ». Je salue deux personnes du quartier qui se ravitaillent en eau fraîche dans la petite source au bout du pont. Les trois castors sont devant « le Bout du Monde ». Des clients sont installés à l’ombre des grands arbres, ils dégustent un repas et des boissons servis dans cette guinguette. Une musique provient du sous-sol, on chante et on danse dans la « boîte de nuit ».

Cascade du ruisseau des mercureaux (photo d’époque) – La cascade gelée en 1956, comme en 1917 et 1929

Je traverse le ruisseau, et admire le jardin à la « française » du château. La cascade du bout du monde ruisselle. Les trois castors vont s’y rafraîchir. En dessous du « banc du guetteur », les corneilles volent en décrivant de grands cercles. Leurs cris mélangés au bruit de l’eau font un étrange concert. Je ne m’aventure pas sur le sentier qui serpente jusqu’au chemin de Maillot, et fais demi-tour. Je passe le long de beaux vergers ; que de fruits sur les arbres !…

Cascade du ruisseau des mercureaux (photo d’époque) – . La cascade gelée en 1956, comme en 1917 et 1929

Une odeur de pain cuit réveille mes papilles. La boulangerie « BOUBOU » est en pleine activité, le va-et-vient des clients est continu. Le boulanger les mains dans la pâte me salue. Des personnes du quartier apportent à cuire les tartes de leur confection. Je déguste une bonne « michotte » spécialité de la maison. Après un bref passage place des vignerons, je suis les trois castors jusqu’à mon point de départ. Je me réveille. C’était un rêve, un rêve merveilleux.

Pour faire le même rêve, je vous invite à suivre les trois castors, ils vous attendent rue de l’Etang.